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LE TIR DE PRÉCISION 5ème GÉNÉRATION



Préambule

Cet article a pour but de vous présenter succinctement quelques arguments qui devraient vous convaincre de la pertinence d’une innovation d’Hauteclaire Conseil : Le tir de précision 5ème génération. Afin de ne pas rendre l’article trop lourd, nous utiliserons l’acronyme TP 5G, pour le désigner.

Pourquoi ce nom ? Tout d’abord car nous ne sommes pas issus du néant, nous ne nous sommes pas faits seuls, et nous avons eu la chance de bénéficier du travail de nos anciens. L’ouvrage remarquable de Phillipe Perrotti Le sniping 4 génération en fait partie.

Deuxièmement, nous sommes préoccupés par le fait de donner des outils à ceux qui nous défendent. Ces outils ne doivent pas être conçus pour la guerre d’hier mais pour les conflits d’aujourd’hui et de demain : ceux de 5ème génération.

Pour vous expliquer une partie de la plus value que vous apportera le TP 5G, nous vous parlerons de l’importance d’être rapide et du rapport temps / précision lors d’un tir. Puis nous aborderons quelques notions de neurosciences.

C’est une méthode qui a été développée par et pour des professionnels. Néanmoins nous la proposons aux civils car elle peut être pour eux une plus value remarquable : lors de chasses particulières, de tirs de loisirs dynamiques, ainsi que pour certaines compétitions.





L’importance de la rapidité

Dans les combats de chars, les Israéliens ont constaté qu’une force tirant en premier à 1 contre 2 était aussi efficace qu’une force à 5 contre 1 tirant en second.



Nous pouvons également faire un comparatif du bilan australien avec celui américain au Vietnam.

Les Australiens ont eu l’initiative du feu dans 84% des combats d’infanterie. Ils ont obtenu un ratio de 1 tué pour 20 ( source Capitaine Nicol, « The Morale of the Australian Infantry in South Vietnam, 1965-1972 »,British Army Review, n° 127, été 2001.)

Les chiffres sont beaucoup plus controversés sur le bilan américain, mais il est communément admis qu’ils n’ont pas été à l’initiative du feu dans 88% des combats d’infanterie. Avec 60 000 soldats américains morts et 270 000 soldats sud-vietnamien décédés, contre plus ou moins 1 millions de soldats nord-vietnamiens morts, le ratio théorique est de 1 pour 3.

Mais bien évidemment ce chiffre n’est sûrement pas réaliste, car la majorité du bilan peut potentiellement être attribué aux américains même si une grande part, pour ne pas dire la majorité des ennemis, ont été abattus par les armes d’appui.

Néanmoins il apparait clairement que ce qui est vrai dans les combats de chars, l’est aussi pour l’infanterie.


Ci-dessous vous trouverez un tableau comparatif du temps nécessaire à ce qu’un tireur bien entraîné puisse tirer une première cartouche.

Ce avec 3 méthodes :

  • Le principe de la hausse de combat

  • Le TP 5G

  • La méthode plus traditionnelle de calcul des éléments en tir longue distance que nous appellerons le calcul complet.

Nous vous avons détaillé les différentes phases préalables au tir depuis l’identification de l’objectif, et ce pour un personnel qui n’est pas encore installé sur sa position.



Cette étude n’a pas la prétention d’être exhaustive. Car la moyenne du temps que des tireurs entraînés mettront pour tirer une première cartouche est soumise à tout un tas de variables, qui ne sont pas transposables lorsque le contexte du tir change.

Néanmoins elle permet de dégager une tendance qui restera valable dans l'ensemble des situations que l’on peut rencontrer en opération.



Rapport temps / précision


Certains pourraient objecter que la hausse de combat a été développée pour cela et qu’elle reste bien plus rapide que le TP 5G. Vrai, mais tous ceux qui l’ont pratiquée dans suffisamment de contextes différents ont pu constater ses limites :

  • lorsqu’il y a un vent latéral trop important (à partir de 300 m et de 4 m/s de vent en plein effet, sortie d’une cible 45 cm de large avec l’arme et la munition de dotation des TP de l’armée française)

  • lorsqu’un objectif réduit se dévoile

  • lorsque l’écart est trop important entre les conditions météorologiques du tir et celles du réglage

  • lorsque la hausse de combat est trop optimisée (souvent dû à une mauvaise prise en compte de la norme de dispersion du système d’arme)

Tout le monde comprendra aisément que plus un premier tir sera précis, plus l’ennemi sera déstabilisé.

Ex: Un individu a toutes les chances d’avoir un niveau de stress bien supérieur si la première cartouche de la partie adverse vient frapper un de ses camarades plutôt que de venir taper à plusieurs mètres.

Le TP 5G laissera donc moins de chances à l’adversaire de prendre les bonnes décisions ainsi que d’effectuer des tirs efficaces. De plus l’ennemi aura la fâcheuse tendance à vouloir nous compliquer la vie si d’autres cartouches sont nécessaires.

Vous trouverez ci-dessous des tableaux qui illustrent la certitude mathématique de faire but à la première cartouche pour la hausse de combat (effectuant toujours le point visé à la base de la cible), ainsi que pour le TP 5G. Ce pour une ogive HPBT Sierra en 175 grains (308 winchester), sorti à 805 m/s d’un canon rayé en 11 pouces à des conditions ICAO.




Certitude mathématique signifie que les tableaux ont été effectués sur le postulat que les éléments météorologiques ont été parfaitement pris en compte et que le tir est optimum.

Les probabilités réelles de faire but seront donc inférieures à celles présentées .







Un élément de première importance n’apparaît pas sur les tableaux : plus le premier impact sera éloigné de la cible plus la probabilité de faire but sur les suivants sera faible.






La neuroscience et le tir longue distance


Il convient d’avoir un aperçu de comment fonctionne votre mémoire, ainsi que de la façon dont votre cerveau va traiter les informations qu’il reçoit. Ce afin d’avoir une idée de comment il va être en capacité d’utiliser une méthode ou une procédure en tir longue distance.


Nous allons simplement effleurer le sujet, le simplifiant à l’extrême, car un article entièrement dédié y suffirait à peine.

Si cela vous intéresse, vous pouvez commencer par lire Building shooter de Dustin Salomon.

Néanmoins considérons que les informations relatives au tir seront notamment traitées par les mémoires de court (comprenant la mémoire de travail) et de long termes (comprenant la mémoire déclarative ainsi que la procédurale). Définissons-les.

La mémoire de travail peut être comparée aux RAM sur un ordinateur. Lorsqu’elle est saturée elle envoie la masse d’informations aux mémoires de long terme.

La mémoire déclarative se caractérise par un nécessaire rappel conscient pour l’utiliser. Elle demande un effort.

La mémoire procédurale permet d’accéder aux informations stockées sans effort conscient. Suite à un stimuli, elle va automatique ressortir le dossier associé. Attention, elle le fera même si l’effet peut être contre-productif par rapport à l’intention première.

Le stress va constituer un stimulus, qui libérera en cascade des hormones. Ces dernières vont, dans la majorité des cas, engendrer une diminution des capacités cognitives.

Concrètement, lorsque le stress est absent le cerveau pourra mobiliser toutes ses compétences notamment celles situées dans la mémoire administrative.

Lorsque le stress est important, la mémoire déclarative n’est plus aussi facilement accessible. Il faut donc soulager au maximum la mémoire de court terme avec la mémoire procédurale, mais aussi avec un filtre d’information qui doit se focaliser sur les informations qui comptent vraiment. Cela dans le but de pouvoir utiliser si nécessaire notre mémoire déclarative.

Soulagement qui permettra en outre au tireur de garder une conscience de situation aussi complète que possible ainsi que de diminuer les risques d’erreur de calcul liés à une surcharge mentale.

L’une des plus grosses innovations qu’apporte le TP 5G est la prise en compte de ces réalités.

Nous n’abordons pas le choix de la méthode de tir seulement sous l’angle du temps imparti, mais aussi sous celui du niveau de stress auquel est soumis le tireur.

A cette fin, il est primordial d’avoir une réflexion globale sur la façon dont sont construits vos savoir-faire : dans quelle partie du cerveau sont stockées ces informations et comment elles ont y étaient implantées, afin de savoir comment elles vont être restituées.

Conclusion


Comme défini lors de notre précédent article (cf « Quelle méthode de tir ? Et pour quel tir ? » ) le Tir Longue Distance est un compromis entre la précision recherchée et les contraintes inhérentes à votre tir. Nous ne pensons pas que le TP 5G doive faire disparaitre les techniques d’aplatissement de la hausse ou des méthodes plus traditionnelles de calcul (avec ou sans électronique), mais qu’il doit venir les compléter.




Il sera le chaînon manquant qui vous apportera une formidable plus-value dans tout un tas de situations.



Vous trouverez ci-dessous un tableau qui schématise les situations les plus courantes, avec notre vision de la technique de tir à adopter face à


Aujourd’hui, beaucoup de groupes (ou équipes) possèdent des personnels équipés de fusils d’assaut avec une lunette. Pour des raisons différentes, il n’est pas forcément pertinent pour eux de faire passer un stage spécifique (que l’on peut appeler TP ou TE en fonction des unités) à ces personnels.

Le TP 5G peut être pour eux une superbe opportunité d’exploiter pleinement leur système d’arme sur la tranche 0-600 mètres avec un temps de formation très court, tout en ayant une méthode réellement transposable en mission.

Professionnels, n’hésitez pas à nous contacter si ce concept vous intéresse !

Civils, restez connectés afin d’en profiter lors des stages dédiés qui sont régulièrement organisés.